Gouvernance foncière au Cameroun : la coopération allemande accompagne la commune de Yoko dans l’élaboration et la validation de son PLADDT intégrant l’approche d’identification et de cartographie des espaces vitaux des collectivités villageoises
La commune de Yoko vient de franchir un cap décisif dans sa trajectoire de gouvernance foncière. Du 09 au 11 mars 2026, un atelier de restitution et de validation technique de son Plan d’Aménagement et de Développement du Territoire (PLADDT) a réuni l’ensemble des parties prenantes autour d’un outil qui cristallise plus d’un an et demi de travail participatif soutenu par la coopération allemande à travers le projet Promotion d’une Politique Foncière Responsable (ProPFR). L’enjeu : poser les bases d'un accès équitable et durable à la terre, tout en désamorçant les tensions que génère inévitablement la pression croissante sur les ressources foncières et forestières.
Dans un contexte où la pression foncière ne cesse de croître, notamment en raison de la compétition accrue entre usages agricoles et pastoraux, la planification territoriale participative apparaît comme un levier essentiel pour concilier les différents usages et garantir un développement harmonieux. À Yoko, elle a pris la forme d'un processus inclusif d'une rare ampleur, mobilisant les 36 villages autour d'un même objectif : identifier les usages et les usagers des terres, cartographier et planifier les besoins futurs en terres vitales pour les collectivités. À chaque échelon, qu'il soit communautaire, administratif, traditionnel ou technique, des acteurs ont œuvré de concert à la formulation de solutions adaptés aux enjeux fonciers de leur territoire.
Ce travail de fond, réalisé avec le soutien des Structures d’Appui Technique (SAT) notamment le bureau JMN AFRIQUE SARL et l’association Femme et Action Communautaire pour le Développement Durable au Cameroun (FACDDUC) a abouti à l’élaboration de 36 Plans d’Aménagement des Terroirs Villageois (PATV), véritables outils de planification locale au plus près des aspirations des populations.
Parallèlement, l’ensemble des données issues des 36 villages a été consolidé pour produire le document PLADDT de la commune de Yoko, qui est un outil stratégique offrant une vision globale de l’aménagement du territoire. Celui-ci intègre les différents zonages ; agricoles, pastoraux, forestiers ainsi que les pôles de développement, les infrastructures prioritaires et les corridors écologiques. L’enjeu était donc de garantir une articulation cohérente entre les dynamiques locales et la planification à l’échelle communale.
Durant les trois jours de travaux, l’exécutif communal, les autorités administratives, les chefs traditionnels, les représentant des services sectoriels, les organisations de la société civile et les partenaires techniques ont soumis ce document à une lecture critique collective à travers des présentations techniques, des travaux de groupe et des sessions plénières garantir la qualité du livrable final et son appropriation par tous.
Au terme de l’atelier, plusieurs avancées majeures ont été enregistrées. Les PATV des 36 villages ont été validés, tout comme le rapport provisoire du PLADDT. Les incohérences entre les échelles villageoise et communale ont été identifiées et corrigées, et une feuille de route claire a été définie en vue de l’adoption officielle du document par le Conseil municipal. Ce processus marque une avancée significative vers la mise en place d’un cadre de gestion foncière plus structuré, inclusif et durable.
Au-delà de la planification, cette initiative met en lumière l’importance d’une gouvernance foncière, résolument participative, attentive aux besoins des groupes les plus vulnérables, en particulier les femmes, les jeunes et les déplacés internes. En favorisant le dialogue entre les différentes parties prenantes, elle contribue à prévenir les conflits et à promouvoir une utilisation plus raisonnée des ressources naturelles.
Pour la commune de Yoko, la validation technique du PLADDT ouvre la voie à un développement territorial mieux planifié, respectueux des écosystèmes et porteur d'opportunités concrètes pour ses populations. Pour le Cameroun, elle offre un modèle dont d'autres collectivités gagneraient à s'inspirer. Plus largement, cette expérience illustre le potentiel des approches participatives en matière de gouvernance foncière au Cameroun et constitue un modèle inspirant pour d’autres collectivités.