Protection et utilisation durable des ressources naturelles

Brève description du programme

Intitulé: Programme d’Appui à la Gestion de l’Environnement (PAGE)
Commettant: Ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ)
Pays: Madagascar
Tutelle politique: Ministère de l’Environnement, de l’Écologie, de la Mer et des Forêts (MEEMF)
Durée totale: 2004 à 2016

Le baobab comme réservoir d’eau à Madagascar : stratégies locales d’adaptation au changement climatique © GIZ

Situation initiale
Les besoins croissants en produits alimentaires et en bois de chauffage de la population, dont une grande partie vit en dessous du seuil de la pauvreté, favorisent la déforestation et la dégradation des terres ainsi que des pertes de biodiversité et d’importants services écosystémiques. Les conditions institutionnelles, les instruments et les capacités techniques nécessaires pour assurer une utilisation durable des ressources naturelles sont insuffisants à Madagascar. Après une longue période de crise politique, le nouveau « Programme d’Appui à la Gestion de l’Environnement » compte à nouveau sur une étroite coopération avec les ministères malgaches concernés.

Objectif
Les conditions requises pour la protection et l’utilisation durable des ressources naturelles de Madagascar sont améliorées par différents groupes d’intérêt. 

Madagascar. La biodiversité unique de Madagascar © GIZ

Approche
Le programme intervient dans trois régions : Diana, Boeny et Atsimo-Andrefana. Il met à profit les expériences acquises, les réseaux de relations et les approches de solutions développées par le programme précédent (Programme germano-malgache pour l’environnement) et déploie des activités dans quatre domaines principaux :

  1. Protection et utilisation durable des ressources naturelles avec des effets positifs sur l’accroissement des revenus
    Des approches favorisant une gouvernance locale durable des ressources naturelles sont assurées, renforcées et diffusées. Des mesures visant à sécuriser et à accroître les revenus de la population rurale pauvre, en particulier des femmes, contribuent à ancrer à long terme les efforts engagés. Les activités développées le long des filières de l’apiculture et du tourisme font augmenter la valeur économique de la biodiversité et des zones protégées.
  2. Diffusion et professionnalisation de la filière biomasse énergie
    Le programme soutient au niveau local et régional tous les acteurs qui jouent un rôle important le long de la filière bois énergie, notamment : les groupes d’utilisateurs locaux des surfaces reboisées, les producteurs de charbon de bois (charbonniers) et les vendeurs du charbon de bois produit selon des procédés durables. Les mesures sont mises en œuvre par Eco Consulting qui est un partenaire de longue date de la GIZ dans ce domaine à Madagascar.
  3. Renforcement du cadre politique, institutionnel et légal pour une exploitation durable des ressources naturelles
    L’objectif ici est de renforcer les compétences et capacités d’action des acteurs étatiques. Pour cela les politiques, stratégies et instruments sont actualisés et de nouvelles approches sont développées. Tels sont par exemple la nouvelle politique forestière, la législation sur l’environnement, la politique énergétique, les réglementations relatives à l’utilisation des ressources génétiques (ABS) ou les méthodes et instruments de planification et d’aménagement du territoire au niveau communal et régional. En outre, le programme s’efforce de renforcer la communication entre les secteurs, afin d’améliorer les conditions d’ensemble pour une gouvernance durable des ressources naturelles au niveau national et régional.
  4. Intégration des aspects de la durabilité écologique et sociale dans l’exploitation minière artisanale
    L’enjeu ici est d’améliorer la gouvernance dans le secteur de l’exploitation minière artisanale. Cela doit permettre à moyen et à long terme de réduire la dégradation de l’environnement et les pertes de biodiversité causées par les activités minières dans les zones protégées et autour de celles-ci et d’atténuer les conflits entre les utilisateurs locaux des ressources. L’assistance cible en particulier les communes, en raison du rôle clé que celles-ci ont à jouer dans l’exploitation des mines artisanales. D’autre part, il s’agit de renforcer les compétences et capacités des mineurs et des intermédiaires travaillant dans la filière, et de mettre fortement l’accent sur un dialogue avec les femmes et les filles au sujet de leur rôle dans le secteur. Dans la région d’Atsimo-Andrefana, les mesures du programme sont cofinancées par la coopération australienne (DFAT).

Résultats
Pendant la crise politique, le programme précédent a appuyé la société civile avec des mesures de formation continue et des prestations de conseil. Celle-ci s’engage activement aujourd’hui à tous les niveaux dans les domaines de la bonne gouvernance et de la gestion des ressources.

Depuis 2006, la GIZ travaille avec des charbonniers. Grâce à des formations sur le reboisement, la carbonisation et la commercialisation, leurs revenus ont pu augmenter de 44 pour cent. Dans le cadre des activités de promotion de l’énergie verte et de professionnalisation de la filière biomasse, 9 700 hectares de terre sur lesquels la population détient des droits de propriété et d’usufruit ont été reboisés.

Des mesures de gestion décentralisée des ressources naturelles et de création de nouvelles zones protégées contribuent à la conservation de la biodiversité sur 414 140 hectares. Des droits d’administration et d’exploitation ont été transférés à 8 communes. Ainsi, 14 563 ménages ruraux participant aux activités d’exploitation durable des ressources naturelles avec l’appui de la GIZ ont pu accroître leurs revenus de 6 pour cent jusqu’à 2013.

Madagascar. Production de charbon de bois © GIZ

Contact

Hermann Fickinger
hermann.fickinger@giz.de