Instaurer la confiance dans la démocratie

Description succincte du projet

Désignation: Formation visant à promouvoir l’autonomie locale en Tunisie et à améliorer les services municipaux en Libye
Commettant: Ministère fédéral des Affaires étrangères
Pays: Tunisie, Libye
Partenaire politique: Ministère des Affaires locales et de l´Environnement — Direction générale des collectivités publiques locales (Tunisie)
Durée totale: De 2014 à 2018

Situation initiale

La Tunisie s’est engagée dans un vaste processus de transformation démocratique. À cet égard, la Constitution adoptée en février 2014 prévoit de renforcer les structures gouvernementales et administratives décentralisées. En effet d’une réforme territoriale, 86 nouvelles communes ont été créées et dans l’ensemble du pays, les communes devraient bénéficier d’une grande autonomie financière et administrative. Des élections municipales seront organisées en mars 2018 afin de consolider ces structures.

En Libye, le gouvernement d’entente nationale au pouvoir depuis 2016 s’efforce d’améliorer la sécurité et la stabilité économique du pays. En 2012, une loi sur les communes a redéfini le découpage administratif du pays en gouvernorats et districts et des élections locales ont été organisées. Le pays prévoit de renforcer les capacités des communes qui, pour le moment, n´ont pas encore assez eu d’expérience en matière de prestation de services municipaux.

Bien que ces deux pays se distinguent par des situations de départ différentes, les communes jouent, dans les deux cas, un rôle fondamental dans l’édification de la vie collective : lorsqu’elles sont bien gérées, elles représentent un atout stratégique crucial pour la future évolution sociale, économique et politique de ces pays.

En Tunisie comme en Libye, la population attend des administrations communales qu’elles fassent preuve de plus de transparence, respectent l’obligation de rendre compte et améliorent les services tout en étant davantage tournées vers les citoyens et en développant les possibilités de participation citoyenne.

Objectif

Les programmes de formation et de perfectionnement dispensés donnent aux employés et aux conseillers municipaux des communes les clés pour mettre en œuvre l’autonomie locale et la proximité avec les citoyens. Dans des villes sélectionnées les services communaux de base fournis à la population sont améliorés.

Approche

En Tunisie, le projet élabore des offres de formation et de perfectionnement sur l’autonomie locale, ainsi que des programmes de formation pour les assistants administratifs. Il teste de nouveaux modules dans le cadre de formations pilotes.

De plus le projet conseille le Centre de Formation et d´Appui à la Décentralisation (CFAD) dans le but de mettre en place des centres de formation régionaux qui soient plus proches des groupes cibles. Le projet favorise les échanges entre les acteurs situés au Maghreb et en Allemagne.

En Libye, le projet soutient des actions visant à améliorer les services communaux et conseille les administrations des municipalités sélectionnées. Il développe les capacités des employés et conseillers municipaux par le biais de formations sur la communication sensible aux conflits et les compétences de leadership et de management.

En Tunisie, le projet fait partie des programmes de gouvernance et est exécuté en étroite collaboration avec le programme régional « Coopération municipale - Gouvernance locale et participative au Maghreb », ainsi qu’avec des actions complémentaires de l’initiative spéciale « Stabilisation et développement en Afrique du Nord et au Proche-Orient » menée par le Ministère Fédéral Allemand de la Coopération Economique et du Développement (BMZ).

Résultats

En Tunisie : Le projet a réussi à conseiller le Centre de Formation et d’Appui à la Décentralisation (CFAD) lors de la planification stratégique de ses antennes régionales. Les nouvelles communes fondées à la suite de la réforme sont les premières bénéficiaires d’une formation de base sur la gouvernance locale conçue par la GIZ.

Huit nouveaux modules de formation, ainsi que des guides pédagogiques sur la stratégie urbaine et la gestion des municipalités, ont été élaborés et testés lors de formations pilotes dans les régions. Plus de 300 employés municipaux et plus de 60 formateurs ont ainsi été formés.

En coopération avec la GIZ, le CFAD a publié un guide sur la démocratie locale et la participation des citoyens à l’action municipale. Ce guide a été présenté lors de formations dispensées dans plus de 230 villes, principalement dans les régions défavorisées. Les connaissances ainsi acquises ont été concrètement mises en pratique avec la participation active des citoyens au cours de processus participatifs de planification communale, portant notamment sur la gestion des déchets, les transports et les budgets participatifs.

Par ailleurs, huit « espaces citoyens » ont été aménagés et ont officiellement ouvert leurs portes. Ils offrent un guichet unique où les citoyens peuvent trouver des informations et des services communaux de base. 

En Libye : Dans le cadre du projet, cinq administrations ont été sélectionnées et des employés ainsi que des conseillers municipaux ont été formés dans la communication, la gestion des conflits et les compétences de leadership.

En outre, afin de favoriser la participation politique des femmes, un module sur le leadership adapté aux cadres femmes a été élaboré. À l’issue des formations, les villes partenaires ont reçu le soutien d’un expert pour la mise en pratique et en appuie des processus de gestion et de planification urbaine.   

Dans le cadre du projet, une visite des représentants cadres des villes libyennes en Tunisie a été organisée sur le thème de l’environnement et de la gestion des déchets. Pendant une semaine, des employés municipaux de quatre villes partenaires libyennes ont pu échanger avec leurs homologues tunisiens à propos de l’optimisation de la gestion des déchets et recueillir de précieuses suggestions pour leurs villes d’origine. Au cours de la visite, les villes ont élaboré des projets pilotes de petite envergure, comme l’utilisation d’un laboratoire pour l´amélioration du le contrôle de la qualité de l’eau potable et l’acquisition de véhicules supplémentaires pour optimiser la collecte des déchets.