Gestion des migrations et de l’intégration

Description succincte du projet

Désignation : Renforcement des collectivités territoriales marocaines en vue de l’amélioration des structures d’accueil de migrants
Clients et commettant : Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ)
German Federal Ministry for Economic Cooperation and Development
Pays : Maroc
Durée totale : De 2016 à 2019

Situation de départ

De pays d’émigration, le Maroc est devenu au cours des vingt dernières années un pays de transit et d’accueil de migrants et de réfugiés. En réaction à un rapport critique du Conseil national des droits de l’Homme sur le respect des droits humains des migrants, le roi Mohammed VI a annoncé en septembre 2013 l’élaboration d’une nouvelle politique en matière de migration et d’asile. La Stratégie nationale d’immigration et d’asile, présentée en 2014, a été suivie de la Stratégie nationale pour les Marocains résidant à l’étranger, lancée en 2015. Ces deux documents constituent le cadre de la nouvelle politique migratoire marocaine. Au cours de la campagne de régularisation qui a suivi, environ 27 000 migrants en situation irrégulière ont obtenu un titre de séjour. La plupart de ces migrants et réfugiés étaient originaires de pays d’Afrique de l’Ouest avec lesquels le gouvernement marocain a déjà conclu des accords bilatéraux en matière de migration.

Il s’agit maintenant de mettre en œuvre la nouvelle politique. Dans la pratique, les conditions d’ensemble politiques, administratives et juridiques qu'elle prévoit sont encore insuffisamment réalisées. Il n’y a pas d’échange entre les agents des autorités et institutions communales, provinciales et gouvernementales, et la répartition des compétences et attributions manque de clarté. Comme il n’existe pas suffisamment de structures d’accueil et de conseil, l’intégration et la réintégration économiques, sociales et culturelles des réfugiés, des migrants et des Marocains de retour dans leur pays ne sont guère faciles.

Objectif

La migration et l’intégration sont prises en compte en tant que thèmes transversaux en politique et dans la pratique dans cinq communes marocaines partenaires, au niveau du gouvernement central et au plan régional en Afrique du Nord et de l’Ouest. La coordination et la communication entre les niveaux national, local et régional pour la mise en œuvre de politiques et offres en matière d’intégration se sont améliorées. Migrants, réfugiés et Marocains de retour dans leur pays ont accès à des offres d’intégration sociale, économique et culturelle.

Approche

La migration et l’intégration concernent des domaines politiques variés, tels que par exemple l’éducation, l’emploi, la santé. Le projet appuie la coordination entre les ministères concernés au niveau national afin d’assurer une mise en œuvre cohérente de la Stratégie nationale. Par ailleurs, des formats d’échange et de communication entre ministères au niveau national et responsables locaux ont été mis en place dans les dix communes partenaires (Béni Mellal, Casablanca, Fès, Marrakech, Nador, Oujda, Rabat, Salé, Tanger et Tiznit) afin d’appliquer de manière conjointe la Stratégie et de formuler des recommandations politiques.

Le projet donne en outre son appui à des institutions et communes pour qu’elles réalisent des mesures concrètes d’intégration dans les domaines culturel, social et économique. Les antennes du ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration devraient par exemple devenir des guichets uniques. Leurs tâches : élaborer des informations d’ordre juridique, administratif et social à l’intention des nouveaux arrivants au Maroc et orienter les personnes concernées vers les offres d’intégration proposées par d’autres institutions et organisations gouvernementales ou non gouvernementales.

L’échange d’expériences et d’informations et la communication entre le Maroc et d’autres États d’Afrique de l’Ouest faisant face à des défis similaires sont enrichissants. Ainsi, le partenariat entre le Maroc et la Côte d’Ivoire est centré sur la gestion de leurs ressortissants vivant à l’étranger et sur la manière dont les différents pays font converger migration et développement. L’équipe du projet conseille les pays et organise différents formats d’échange d’expériences, tels que forums de dialogue ou conférences qui rapprochent les États et intensifient leur collaboration. Grâce aux échanges directs, un pays peut tirer des enseignements des expériences réussies et des exemples positifs présentés par un autre pays.

Le projet fait partie du programme de développement des infrastructures du BMZ pour l’élimination des causes de l’exil, pour l’intégration des réfugiés et en faveur de la stabilisation et de l’emploi au Moyen-Orient et en Afrique. Grâce aux projets de ce programme, le ministère contribue à créer des perspectives économiques et sociales pour les habitants de la région. Dans ce cadre, plus de 200 millions d’euros supplémentaires ont été débloqués pour les projets de la GIZ et d’autres organismes de mise en œuvre pour la période 2014-2019.