Pour une meilleure gestion des migrations

Description succincte du projet

Désignation: Pour une meilleure gestion des migrations (Better Migration Management)
Commettant: Union européenne (UE), Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ)
Pays: Éthiopie, Djibouti, Érythrée, Kenya, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Ouganda (coopération régionale avec Égypte et Tunisie)
Durée totale: De 2016 à 2019

Situation initiale

Plus de 9 millions de personnes sont en fuite dans la région de la Corne de l’Afrique. Plus précisément, ce sont env. 7 millions de déplacés internes ainsi que 2 millions de réfugiés, qui pour la plupart restent dans des pays voisins. Globalement, le ravitaillement de ces populations est insuffisant. Le manque d’infrastructures publiques et une gestion déficiente des migrations dans la région contribuent sensiblement à l’expansion du trafic illicite de migrants et de la traite des êtres humains, deux fléaux auxquels bon nombre de migrants sont livrés sans défense. La lutte contre ces réseaux criminels requiert une coopération entre les pays d’origine, de transit et de destination dans la région. Cependant, les possibilités dont disposent ces pays pour gérer les migrations transnationales de façon ordonnée et humaine sont assez limitées. Aussi est-il essentiel d’instaurer une gestion responsable des migrations dans la région, de façon à assurer le respect des obligations internationales pour la protection des migrants et d’autres personnes vulnérables

Objectif

Le projet a pour objectif d’améliorer la gestion des migrations dans la Corne de l’Afrique tout en jugulant le trafic illicite de migrants et la traite des êtres humains. Il s’agit en premier lieu de renforcer les droits des migrants et de mieux protéger les personnes concernées face aux violences, aux sévices et aux diverses formes d’exploitation dont elles peuvent être l’objet. Le projet doit en outre faciliter et sécuriser les migrations dans la région.

Approche

La traite des personnes et le trafic illicite de migrants étant des problèmes transfrontaliers, le projet est planifié et mis en œuvre dans un cadre transnational. Les valeurs et directives de la coopération allemande et européenne au développement sont contraignantes au même titre que les principes et lignes directrices du Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Le projet est financé par le fonds fiduciaire de l’Union européenne (UE) pour l’Afrique et mis en œuvre conjointement avec cinq États membres (Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas) et des institutions de renom telles que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le British Council, Civipol, Expertise France, le ministère italien de l’Intérieur ou encore l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Le partenariat de mise en œuvre est placé sous la conduite de la GIZ.

Une enveloppe financière de 46 millions d’euros est à disposition pour le programme (dont 40 millions d’euros provenant de l’UE et 6 millions d’euros du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement).

Les activités du programme ont été élaborées en concertation avec des représentants des ministères compétents des pays concernés, avec des organisations non gouvernementales et avec les partenaires de mise en œuvre. Ces activités sont menées à quatre niveaux.

  1. Harmonisation des différentes politiques migratoires dans les pays de manière à renforcer la coopération régionale sur les questions migratoires et à faciliter les migrations transfrontalières.

    À long terme, le programme vise à mettre en place dans les pays une politique migratoire coordonnée afin de pouvoir traiter la question des migrants dans le respect des droits humains. Par conséquent, une coopération sera établie avec les autorités nationales chargées de la gestion des réfugiés et des migrants ainsi que des poursuites pénales à l’encontre des trafiquants d’êtres humains et des passeurs en vue de définir des politiques migratoires coordonnées au niveau régional. Il est en outre prévu de créer des comités de concertation interministériels permettant de coordonner les actions pour toutes les questions importantes en lien avec la migration. Le programme prêtera également conseil à différentes institutions au sein des pays telles que le Comité national de lutte contre la traite des personnes (NCCT) au Soudan. Dans le cadre de cet appui, il est question de développer la stratégie actuelle de lutte contre la traite des personnes et d’élaborer un programme d’action correspondant.
     
  2. Renforcement des institutions qui luttent contre la traite des personnes, par exemple grâce à une amélioration de la coopération entre les enquêteurs, les procureurs et les juges dans le but de poursuivre plus efficacement les trafiquants d’êtres humains.

    Dans certains pays, des formations seront proposées aux gardes-frontières sur les droits des migrants et des réfugiés afin de garantir le respect des droits humains. En outre, ces agents seront mis en capacité de mieux identifier les migrants et les réfugiés vulnérables et de les orienter vers des dispositifs d’aide appropriés. Par ailleurs, il est prévu notamment au Kenya et en Érythrée de dispenser des formations à l’intention des enquêteurs et des fonctionnaires de justice pour leur permettre de lutter plus efficacement contre le trafic illicite de migrants.
     
  3. Soutien et protection des migrants, par exemple mise en place de refuges, création d’équipes mobiles d’assistance juridique et de soutien psychosocial et aide au retour volontaire des migrants.

    De nombreux réfugiés sont actuellement sans défense, exposés à la violence, à l’esclavage ou au viol. Le programme entend lutter efficacement contre ce phénomène en mettant en place par exemple des refuges pour protéger les victimes de violence et de la traite des personnes, notamment les femmes et les enfants. Ces personnes y sont en sécurité et sont rapidement prises en charge. Des projets pilotes ont déjà été mis en place au Kenya et en Éthiopie.

    En outre, dans le camp de réfugiés d’Obock (Djibouti), un appui est fourni à un centre de santé qui soigne les migrantes et les migrants ainsi que la population locale. En coopération avec ce centre, cinq équipes médicales mobiles seront constituées afin de dispenser des premiers soins aux migrants en déplacement. Par ailleurs, environ 230 migrants éthiopiens désireux de rentrer chez eux sont parvenus à rejoindre leur foyer début 2017 grâce à l’aide du programme. À la recherche de meilleurs revenus, ces personnes avaient migré vers le sud avant d’être arrêtées en Zambie et au Malawi.
     
  4. Information et prestations de conseil pour les migrants, par exemple sur les voies migratoires légales et sûres ainsi que sur les possibilités d’emploi et les services d’aide.

    Des campagnes et des supports d’information, élaborés conjointement avec les gouvernements nationaux, des organisations non gouvernementales et des médias locaux, informeront la population des alternatives à la migration illégale et risquée. Des informations sur les possibilités d’emploi au sein du pays d’origine et/ou d’accueil seront par exemple diffusées dans ce cadre.