Appui au processus de stabilisation et de paix

Description succincte du projet

Designation: Projet d’appui à la stabilisation et à la paix au Mali
Commettant: Ministère fédéral des Affaires étrangères
Pays: Mali
Organisme de tutelle: Ministère de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale
Durée totale: De 2016 à 2021

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Situation initiale

Après un coup d’État militaire et l’occupation des régions septentrionales par des groupes terroristes islamistes ainsi que par des rebelles séparatistes, le Mali se trouvait en 2012 dans une grave crise politique et sécuritaire. Après la reconquête du nord avec l’aide de troupes internationales et l’envoi d’une mission de maintien de la paix des Nations unies (MINUSMA), le pays est revenu en 2013 à une relative stabilité avec l’organisation d’élections. En 2015, un accord de paix a été signé entre le gouvernement malien, les groupes armés pro-gouvernementaux et la coalition de la résistance armée contre l’État central. Cet accord promettait de jeter les bases de la réconciliation, de la stabilité et de la paix. Toutefois, jusqu’à aujourd’hui, sa mise en œuvre n’a avancé qu’à pas mesurés : aux attitudes d’obstruction des protagonistes se sont ajoutés de nouveaux foyers de conflit au centre du Mali, caractérisés par des violences de masse à l’encontre de la population civile. Par ailleurs, le déplacement progressif vers le sud du rayon des attaques terroristes rend plus difficile une stabilisation durable de la situation au Mali.

Les principaux acteurs étatiques du processus de paix font face à de multiples défis : ils doivent accélérer la mise en œuvre du traité de paix, qui traîne jusqu’à présent, faire en sorte que les besoins de la population civile soient entendus, jouer les médiateurs dans les conflits, promouvoir le travail de mémoire et la réconciliation et, en plus de cela, rendre visibles à la population ce qu’on pourrait qualifier de bénéfices de la paix. Leurs capacités en termes de personnel, de finances et d’organisation sont très limitées et la coopération entre ministères, administrations d’État, collectivités locales et population est insuffisante. La stabilisation et la pacification du pays se heurtent à l’absence de règlement des violations des droits humains et au fait que la réconciliation qui doit s’ensuivre au sein de la société ne s’est pas encore faite.

Objectif

Les institutions maliennes sont renforcées dans la mise en œuvre d’un processus inclusif de stabilisation et de paix. La population prend progressivement conscience des bénéfices de la paix qui renforcent la confiance dans le processus de paix ainsi que dans l’État malien.

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Approche

Le projet précédent avait jeté les bases du travail du ministère de la Réconciliation ainsi que de la commission Vérité et contribué à une meilleure communication sur le traité de paix ainsi qu’au dialogue et à la résolution des conflits locaux.

Le projet actuel coopère avec le ministère de la Réconciliation nationale, la commission Vérité, Justice et Réconciliation, le secrétariat du Haut Représentant du Président de la République pour la mise en œuvre de l’accord de paix, la délégation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au Mali, des services déconcentrés de l’État, des collectivités locales, des organisations non gouvernementales (ONG), des fondations et des expert·e·s. Ces coopérations sont un pilier du projet et favorisent des alliances stratégiques (pour la paix).

Stabilisation des régions septentrionales et incitation à la coexistence pacifique : au moyen d’un dialogue citoyen participatif, des microprojets favorisant les perspectives socio-économiques au plan local sont identifiés et réalisés conjointement avec les groupes cibles. L’accent est mis sur le soutien aux concepts commerciaux qui procurent également un revenu à plus long terme à la population, et avant tout aux femmes et aux jeunes. Les groupes cibles sont soutenus dans l’élaboration de plans d’activité et la gestion durable des initiatives génératrices de revenus.

En outre, le projet soutient l’organisme de tutelle politique et ses structures décentralisées dans la transformation constructive des conflits. Celle-ci passe entre autres par l’enracinement de mécanismes déjà développés comme des formes de dialogue incluant une part de médiation et des mesures de prévention des violences.

Soutien au travail sur le passé et la mémoire : le projet soutient la commission malienne Vérité, Justice et Réconciliation dans l’exercice de son mandat au moyen de conseils spécialisés, stratégiques ou ayant trait aux processus. La priorité est donnée à l’élaboration d’une politique de réparation pour les victimes de violations des droits humains, à l’organisation de consultations publiques ainsi qu’au développement d’initiatives et de stratégies concernant le travail d’archives et de mémoire. Sur ces sujets, la commission Vérité formulera des recommandations et des propositions de mise en œuvre au gouvernement malien. Le projet soutient l’archivage des documents importants issus du processus de paix afin qu’ils puissent être versés aux archives nationales du Mali et rendus accessibles à la population malienne en tant que documents historiques.

La coordination avec les acteurs multinationaux et bilatéraux tels que la mission de maintien de la paix des Nations unies (MINUSMA), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’Union européenne, la France, la Suisse, l’agence américaine de développement international (USAID) ainsi que d’autres ONG et institutions allemandes, nationales et internationales fait partie intégrante du projet.

Dans le cadre des microprojets à Gao, des échanges ont lieu avec le contingent allemand ainsi qu’avec l’unité de stabilisation de la MINUSMA. Un système de suivi permet de documenter, et d’analyser les leçons tirées du projet et de les utiliser en vue d’éventuelles modifications conceptuelles.

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Résultats

  • En dépit de la situation sécuritaire difficile, 196 269 personnes dans les régions septentrionales de Gao et Ménaka ont pu bénéficier au total de 34 mesures de stabilisation soutenant la paix (microprojets) et des effets positifs induits sur leurs conditions de vie.
  • Dans tout le pays, 35 forums de dialogue à propos des sujets de conflits locaux, de l’exploitation pacifique des ressources, du contenu du traité de paix et de la déradicalisation de la jeunesse locale ont été organisés.
  • Les six bureaux régionaux de la commission Vérité, Justice et Réconciliation ont reçu un soutien technique et matériel de la part du projet. Jusqu’à présent, plus de 13 000 témoignages provenant de victimes et de témoins de violations des droits humains ont été recueillis.
  • Le projet a continuellement accompagné l’élaboration d’une politique globale de dédommagement et de réparation pour les victimes de violations des droits humains en organisant des processus consultatifs régionaux et en apportant son expertise technique. Cette politique constitue le fondement d’une indemnisation et d’une réconciliation durables au Mali.

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