Prévenir la violence en milieu pénitentiaire

Description succincte du projet

Designation: Prévention de la violence et de la radicalisation dans le système pénitentiaire en Tunisie
Commettant: Ministère fédéral allemand des Affaires étrangères 
Pays: Tunisie
Organisme de tutelle: Ministère de la Justice (Ministry of Justice), Direction Générale des Prisons et de la Rééducation (Prison Administration)
Durée totale: 2018 à 2021

Situation initiale

Depuis la révolution de 2011, un grand nombre de djihadistes originaires de Tunisie ont rejoint les rangs de groupes extrémistes violents opérant en Syrie et en Libye. La justice et les autorités tunisiennes doivent faire face à une tâche des plus ardues, celle de réinsérer les djihadistes de retour et de les poursuivre pénalement. Et cela, sur fond d’une Tunisie qui fut la cible d’attentats visant autant les forces de sécurité que les touristes (Le Bardo et Sousse en 2015) et qui se trouve toujours exposée à cette menace. En réaction à ces attentats, la Tunisie a pris différentes mesures: réalisation d’investissements considérables dans le secteur de la sécurité, élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme et lancement de nouvelles réformes judiciaires. 

Or, le système judiciaire est surchargé. Ainsi, de nombreux tribunaux sont encombrés par une multitude d’affaires mineures et les prisons sont surpeuplées, présentant des conditions d’hygiène difficiles. En 2016, 23 000 personnes se trouvaient en détention, dont 97 % d’hommes. Les détenues ne disposent guère de perspectives après leur libération et se sentent discriminées par l’État. Quelque 40 % d’ancien(ne)s détenues retombent dans la délinquance. Leur marginalisation, leur exclusion et l’absence de perspectives crée une situation propice aux groupes radicaux extrémistes qui recrutent des adeptes à leur cause dans les prisons.

Objectif

La violence carcérale a baissé et la radicalisation des détenues a diminué aussi bien dans les prisons tunisiennes que pendant la période suivant leur libération. Cette évolution permet à l’État tunisien de mieux endiguer l’extrémisme violent.

Approche

Le projet aide l’État tunisien à réduire la violence et la radicalisation dans les établissements pénitentiaires. Il contribue, dans une sélection de prisons et centres de rééducation, à améliorer les conditions de détention et à réintégrer les anciennes détenues. Le projet appuie le ministère tunisien de la Justice et la Direction Générale des Prisons et de la Rééducation (DGPR) en apportant notamment un conseil technique et organisationnel et un soutien dans le secteur des infrastructures et des équipements. À cet égard, le projet prend en compte les besoins spécifiques des différents groupes cibles (hommes, femmes, jeunes). 

Le projet agit dans trois champs d’action : 

  • Formation et réinsertion professionnelles: le projet appuie la formation initiale et continue des détenues et du personnel pénitentiaire. La réinsertion professionnelle et sociale des détenues après leur libération a pour objectif d’éviter l’isolement social, de prévenir les rechutes dans des activités criminelles et de réduire la radicalisation.
  • Soutien psychosocial et activités socioculturelles: les détenues dans les prisons et centres de rééducation n’ont guère la possibilité d’exercer des activités de loisirs et souffrent souvent de l’absence de conseils psychologiques adéquats. C’est la raison pour laquelle le projet appuie l’extension et l’amélioration des offres culturelles et sociales, ainsi que la prise en charge psychologique des détenues. De meilleures conditions de détention atténuent la frustration quotidienne des détenu·e·s qui constitue l’une des causes majeures de la violence dans les établissements pénitentiaires.
  • Appui aux structures de la justice juvénile: la Tunisie a créé un cadre juridique qui fait figure de pionnier dans le monde arabe en matière de peines prononcées à l’encontre des jeunes délinquantes. Toutefois, ce dispositif manque encore de mise en pratique, notamment en ce qui concerne l’application des peines d’emprisonnement et de sursis alternatives. Le projet appuie les efforts déployés par la Tunisie pour que ces mécanismes trouvent leur place.

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